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La France : Je t’aime moi non plus !

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Dans cet article, je parle à titre personnel. Voyager a toujours été un but. Que ce soit seul ou accompagné. Ce désir constant de quitter Paris, de quitter la France était auparavant vital. Ne plus rester une seule seconde de plus dans ce pays qui était le mien seulement en apparence ! Depuis, tout semble s’être bousculé, et je vous explique pourquoi!

 

Les Etats-Unis sinon rien ?

 

Fini les études, je pars aux Etats-Unis. J’en ai marre … Je survis dans la banlieue parisienne, plus rien ne me tente. Mes amis ne veulent pas me suivre, ils reculent sans cesse .. Moi je n’en peux plus. C’est finalement aux Etats-Unis que je trouve refuge et plus particulièrement à New York puis à New Orleans. En Louisiane, mon sourire ne me quitte jamais. On me surnomme « Crazy Frenchy ». Je n’ai peut-être jusqu’alors jamais été aussi heureux et je considère la Nouvelle Orléans comme ma vraie maison. Je sens que les gens me comprennent. Chose qui ne m’arrivait pas souvent dans l’hexagone.

Un tatouage pour immortaliser ce moment et le retour est très compliqué … Impossible de retenir mes larmes dans l’avion. Même si je suis heureux de revoir ma mère et mes amis, mon cœur lui est ailleurs. Je n’ai qu’une hâte, pouvoir retenter l’expérience.

 

Un retour synonyme d’ennui mortel

La première semaine est la moins difficile, car je raconte mon histoire à mes proches. Mais j’ai ce désir quasi obsessionnel de partir à nouveau … A la recherche d’un travail, je n’arrive plus à avancer … Durant presque un an, j’enchaîne les petits boulots. Je finis par trouver un CDI. Un an s’écoule et je travaille toujours au même endroit, je ne m’y sens pas trop mal … Mais jusqu’à quand ? L’Amérique du sud me fera sûrement le plus grand bien pendant 5 semaines !

 

Un défi de taille : Le Mont Blanc

 

 

Depuis le Brésil et la Chapada Diamantina, j’ai une nouvelle passion : La randonnée. La vie réserve vraiment des surprises! Je me suis fixé un défi pour mes 27 ans, faire le tour du Mont Blanc. Cette idée trotte dans ma tête et je le ferais, c’est sûr. Entre temps, une demoiselle nommée Julie s’est invitée dans ma vie et plus le temps avance, plus le feeling passe. Un énorme chamboulement pour moi. Après quelques escapades ensembles, je lui propose finalement de venir avec moi faire le Mont Blanc. Julie me répond avec un large sourire qui en dit long.

Il y a longtemps que je n’ai pas fait un voyage en France, ne serait-ce que pour un week end. Avant le Mont Blanc, Julie m’emmène visiter sa région, la Haute-Savoie, près d’Annecy. Et le moins que l’on puisse dire c’est que le coup de foudre est immédiat. Les montagnes et le fromage ont eu raison de moi. Je ne pensais pas qu’il était possible pour moi d’imaginer vivre ailleurs qu’à Paris en France, c’est désormais chose faite.

Deux mois plus tard le Tour du Mont Blanc est réalité ! Je m’aperçois alors de la beauté de notre pays. Je deviens fanatique de cette région. Je me rends compte que mon discours ne tenait absolument pas la route et que la France ne se résumait pas à la Tour Eiffel et à la grisaille parisienne. Comment ais-je pu penser cela … Le lac blanc, la mer de glace, l’aiguille verte me font pleinement rêver.

Au retour, plein de fierté, je m’enrichis encore de tous ces endroits magiques qui m’entourent. Le Col de la Forclaz, la vue sur les dents de Lanfon qui me fascinent et le lac d’Annecy perpétuent cet énorme coup de cœur !

 

Une admiration qui se corse

 

 

Mon passage en Haute-Savoie s’achève mais je ne compte pas sortir du territoire pour autant. Au départ, je voulais enchaîner avec le GR20 en Corse, mais mon genou en a décidé autrement. Ce n’est pas grave, de Bastia à Bonifaccio, la Corse m’offrira son plus beau visage.

L’eau transparente de Calvi, l’Ile Rousse et son magnifique marché, les calanques de Piana, le Capu d’Ortu, les falaises et plages de Bonifaccio ou encore la réserve naturelle de Scandola m’ont séduits… Et à ce moment précis, je sais que ce ne sera pas la dernière fois que je me retrouverais ici. Je me dois de faire découvrir cette île majestueuse à Julie. Peut-être hors saison pour ne pas avoir un afflux touristique de dingue et pourquoi ne pas se lancer à l’assaut du fameux GR 20 après avoir englouti un nombre incalculable de beignets au Brocciu dont je suis devenu un inconditionnel.

 

La diversité d’une cuisine sans égale

Combien de fois sommes-nous surpris, intrigué parfois déçu par les pratiques culinaires d’un pays. Et surtout lorsqu’on le compare avec notre gastronomie.  L’une des meilleures du monde. Oui un peu de chauvinisme ne fait pas de mal. Je dois rattraper presque 28 ans de compliments. Rare sont les fois où j’ai contemplé la France, même pour l’aspect culinaire. Il faut bien reconnaître une idiotie certaine ! Ce raffinement, cet accord des mets, cette diversité…

Quand un touriste ou un étranger vous demande un plat typique de la France, êtes vous en mesure de lui répondre avec exactitude ? Oui ? Et bien vous êtes bien le seul. Sushi pour le Japon, poutine pour le Canada, empanadas pour l’Argentine ou encore Bo Bun pour le Viet Nam, même s’il existe bien d’autres plats j’en suis conscient. Mais il n’en reste pas moins évident que la France est l’un des seuls pays où vous trouverez dans chaque région, des spécialités :

  • La Bretagne avec les crêpes et l’andouille de Guéménée
  • Les Savoies avec la Tartiflette, raclette et fondue
  • L’Auvergne avec les tripous et l’aligot
  • L’Alsace avec la choucroute et le baeckoeffe
  • Le Rhône avec le saucisson lyonnais et les bugnes
  • La Bourgogne avec le boeuf bourguignon et les escargots

Bref la liste est longue. Sans parler des fromages qui puent et des différents vins. La France est quand même le premier producteur mondial de vin, et le troisième plus grand vignoble du monde, derrière l’Espagne et la Chine.

 

Savoie ou pas ?

 

La région Rhône Alpes et plus particulièrement la Haute-Savoie m’ont définitivement adoptée et pour mon plus grand plaisir. Nous essayons d’y aller assez régulièrement pour que Julie voit sa famille. Et qu’on se le dise, je prend un plaisir immense à descendre en Haute Savoie.

Dans le train que je prends à Gare de Lyon et qui m’emmène directement à Annecy, je ne peux m’empêcher de sourire. Je me sens apaisé, un autre homme. A Paris, quelques fois je suis tendu, limite désagréable. Une carapace nécessaire pour ne pas me faire marcher dessus. Fini le stress et le bruit, place à la nature, le calme, la montagne !

A la question Savoie ou pas? Je répondrais que je suis comme une marmotte dans sa montagne. J’ai été adopté. Ce n’est pas pour autant que mes projets d’étranger avec Julie sont en suspens, bien au contraire. Mais il est hors de question que je snobe la France et déverse encore ma haine, sur ce beau pays qui est aussi le mien ! Les Gorges du Verdon, le pic du Canigou, le GR20, Le parc des Ecrins, la Vanoise, le Mercantour ou encore la Réunion (Oui je triche un peu) … me font vraiment rêver. A l’étranger, nous oublions trop souvent la beauté de ce qui se trouve sous nos yeux et aujourd’hui j’en parle avec fierté. Je suis un citoyen du monde, mais je suis aussi Français !

 

Les Attentats ne font que renforcer mon patriotisme

 

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Comme si cela ne suffisait pas. On touche à mon pays de la manière la plus sordide qu’il soit. Des extrémistes dénués d’intelligence et de tout sens moral viennent s’attaquer à mon pays que j’aime tant. Pourtant parisien et donc aux 1ère loges, il m’est impossible de me rendre compte de ce qui s’est passé en 2015. Je n’y arrive pas… J’ai beau me faire le film dans ma tête, c’est impossible. Ces connards oui appelons-les par ce petit surnom ô combien affectif viennent détruire une partie de moi-même, ma manière de vivre, ma liberté.

Paris, ville que j’ai souvent détesté pour son côté stressant, les transports en commun ou encore le manque cruel de civilité. Oui Paris, cette ville que j’aime tant au fond de moi. C’est un peu « je t’aime moi non plus ». Une chose est sûre, ces connards je ne les aime pas, je ne peux pas les sentir. Nous nous rendons compte de l’importance d’une chose que lorsque que nous la perdons. Je n’ai pas perdu ma ville, mais elle a été touchée dans son être !

Un sentiment nauséabond émane de moi, rien que quand mon cerveau daigne penser à eux. Il n’y pense pas souvent, puisque comme certaines personnes le pensent, je suis un inconscient. Inconscient du danger qui nous entoure, je n’ai pas changé ma façon de vivre, je n’y arrive pas. La haine prend souvent le pas sur la peur. Pourquoi ? Parce que c’est bien leur seule gloire à ces tarés ! Nous faire peur.

Ils ont transformés mon je m’enfoutisme ambiant envers l’Hexagone, en un amour fraternel inéluctable. Même à 10000 km, je ne cesserais de crier mon amour pour cette France que j’aime tant. Cette France multiculturelle. Peut-être qu’un jour, vu que les miracles existent et j’en suis la preuve, nous arrêterons de regarder notre foutu nombril et que nous arriverons à tous vivre ensemble!

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4 Commentaires

Audrey

Audrey

3 mars 2016

J'aime beaucoup cet article. On sent la réflexion sur la relation à son pays et l'impact d'avoir été touché par la barbarie en son territoire. Je n'ai jamais compris pourquoi souvent quand on aime l'ailleurs on se sent le droit/le devoir de rejeter la France. Rien n'est jamais parfait mais nous avons beaucoup de chance de vivre dans ce beau pays et on a tendance à l'oublier.

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Mike

Mike

3 mars 2016

Merci Audrey pour ton retour.
Oui c'est étrange comme sentiment. C'est en voyageant loin de sa zone de confort, que l'on se rend compte de ce que l'on a. Personnellement, j'ai compris que j'aimais mon pays et en découvrir d'autres. Il y a assez de place pour tout le monde :-)

slim

slim

25 mars 2016

J'étais aux états unis.. et c'est là bas que j'ai réalisé que l'europe en général et la France en particulier est la région la plus belle du monde.
Depuis les Fjords norvégien en passant par la foret noire en allemagne; le parc plivic en croatie, les alpes suisses , les pyrénées en allant jusqu'au criques de reve en corse et à Malte.. francehement faut pas aller trop loin pour voir des merveilles.
Bref . Je partage votre article en ayant la même conviction : La france est certainement parmi les trois plus beaux pays du monde si ce n'est "LE PLUS beau pays du monde"

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Mike

Mike

25 mars 2016

On réalise toujours que quelque chose nous manque, quand nous sommes loin. On est d'accord sur le fait qu'il ne faut pas aller loin pour voir de belles choses.
Le plus beau pays de toute façon c'est subjectif, mais en terme de diversité il est surement sur le podium :)

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